" La grande ruse, c'est que les choses soient comme elles sont ".

Fabrice Farre

Par Fabrice FARRE

 

   

Lorsque l’écrevisse montrait ses pinces

au bout de ta main, le jour faisait peur

L’enfance perdait son maillot à rayures

le mégot de l’homme épais sur sa chaise

glissait au fil de l’eau

Le déplacement jusqu’ici avait coûté

des heures et l’après-midi tintait

dans la couleur de la cendre. Dans l’air

moite séchaient les mots que j’aurais

pu dire, qui résonnent encore.



Extrait de Les chants sans voix, p.16.


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Par Fabrice FARRE

 

Voici mon recueil de poésies, Les chants sans voix, aux Editions " Encres Vives ", 2012.


DSCI0301
Le silence et le mot, l'un et l'autre sont à écouter. C'est un chant autobiographique, humain qui existe - dans la ville comme à l'intérieur de soi - prêt à prendre chair ou à disparaître. En tout, vingt-deux textes, 16 pages, en format A4.

Pour vous procurer ce recueil, vous avez la possiblité de vous adresser à l'auteur, dans la rubrique contact à droite de cette page.
Ou bien l'éditeur, Michel Cosem, se fera un plaisir de prendre en compte votre demande à : ENCRES VIVES, 2 Allée des Allobroges - 31 770 COLOMIERS.

Prix : 6,10 € (hors port).

Merci.




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Par Fabrice FARRE

 

Il n’est qu’une petite nuit

comme celle-ci tôt arrivée

qui puisse montrer

qui arrive par ces rues

creusées dans la pâte noire.

Des badauds de charbon, des

formes de bronze

clair, des silhouettes pressées

éclairées et passagères, et

ces lueurs intermittentes qui

montent en épingles partout

tandis que brûlent

les feux pâles des voitures

incertaines et monte cette silencieuse

habitude à croire que tout

est réel.


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Par Fabrice FARRE

 

La fin d’une route conduit

toujours en dehors du monde.

Le ton de ta voix s’obscurcit,

nul ne nous sera d’aucun secours.

La rivière passe en contrebas,

nous ne la voyons pas. Elle emporte

nos paroles et l’espoir d’exister

est une tentative pour essayer de les rattraper.



Paru dans Les tas de mots, n°8, p.9, printemps 2012.

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Par Fabrice FARRE

 

 

Le jour s’étire dans son peignoir

 blanc de deux heures - je n’ose

 croire que je suis vivant, pourtant je sens

 son odeur, son samedi de deux sous,

 ses cheveux humides contre la vitre

 noire dès l’instant

 où s’amorce un vol éclairé

 d’oiseaux comme une lettre élastique

 


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Par Fabrice FARRE

 

Ta voix seulement

les allées borgnes, les parcs

fixés au ciel, sur la terre

ta voix. La robe

des arbres blancs dans

le souvenir. Que fait

ce qui a pour habitude

de passer entre les branches

et d’ignorer

ta voix plus vaste

que ce modique point d’attente.




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Par Fabrice FARRE

 

 

A Charles Bukowski

Je tâcherai de parler moins fort

- on m’entend du troisième étage – et

de garder mes remarques aigres

pour moi.

Dans ce salon bas vole une mouche

aussi peu libre que ma difficulté

à me taire.

C’est lorsqu’un coup de vent

percute l’insecte monstrueux

au-dessus de nos têtes et l’oblige

à s’échapper - dehors, il n’y a pas de murs –

que je ressens le besoin

de m’allonger davantage sur les banalités :

la pluie, le beau temps, les histoires

autour de ces gamins qui ont parlé à

leur camarade d’école en lui lançant

deux mouches rouges dans la chair de sa vie

prisonnière, un jour de vent immobile.



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Par Fabrice FARRE

 

tu demeures comme

une voix persistante au-dessus

des genêts et la nuit se couche

et les passants, silhouettes frêles

et défaites comme au moment

où amorce l’automne, la chasse

lointaine à aimer et à imaginer

ce que l’autre pense, tu demeures

bien plus que le temps

mesuré, bien plus que l’avenir

de l’œil de l’horizon

qui s’empare de tout au risque

de ne se souvenir de rien

comme le fait le jour en s’annonçant.


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Par Fabrice FARRE

La patience a une heure d’avance

ta main est dans ma main

dix petites collines à la barrière

fondent sur l’horizon grand

comme un mouchoir. Nous prenons

ainsi notre destin. En avance

sur le monde petit

qui s’agite nous nous retrouvons

et nous marchons moins vite

qu’au temps où il fallait courir

ralentis par une crise en sursaut

sur le terrain accidenté de nos

dix petites collines.


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Par Fabrice FARRE

 

 

Il y avait autre chose, hors-cadre,

loin de ce carton que tu m’envoyais.

Peut-être l’avais-je entraperçu :

un poème dans l’arbre ou alors

un ciel entier dans le quotidien. Rien

ne tient s’il s’agit d’en faire le portrait.


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Par Fabrice FARRE

Le compresseur ronflait sous

le toit du garage qui ne l’avait jamais

 

entendu. L’été faisait un bond

supplémentaire et les mains

ouvrières cherchaient la raison de

la crevaison. On coupait les arbres

au loin. Les chiens couraient derrière

 

les grilles. Le bruit dans ce soleil

plein, les aboiements inaudibles

l’air du compresseur dans les poumons

des pneus et du garage, l’affairement

et les questions tangibles, l’acharnement

à vouloir réanimer ce vingt-deux août


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Par Fabrice FARRE

En contrebas les voix plus vives

voudraient porter les particules de lumières

voler comme des vivats de lucioles dans

ce jour italien dont la connaissance noire

me laisse entrevoir le visage

de la mère de ma mère la nuit. Sur la vaste

terrasse les branches me cachent et touchent

la place basse et bruyante. Quel est le vrai :

l’obscur ou la lumière.


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Par Fabrice FARRE
 
Couv'carnet n°32_HIVER 2012.jpg
DU CÔTÉ DE…
Fabrice Farre (choix de poèmes)
Gérard CartierCabinet de société
Philippe DelaveauCe que disent les vents
R.M. RILKE Journaux de jeunesse 
CHRISTIAN BOURGOIS EDITIONS SUSAN SONTAG l’œuvre parle 
EDITIONS LE BRUIT DU TEMPS OSSIP MANDELSTAM Le bruit du temps 
AUPASDULAVOIR 
PIERRE AGNEL Sviatoslav Richter, un clavier de récit…
Sabine Péglion & Jacques Bret  Australie/Notes croisées
Elisabeth and Me / ANDRE KERTESZ
■■■Mariella Bettarini
Choix de poèmes traduits par Raymond Farina ■■■
Wallace Stevens …Boris Pasternak
 
DES LECTURES
Georges Perec, un regard en biais par Nathalie Riera
Philippe Delaveau, Ce que disent les vents par Pascal Boulanger
Peter Huchel, Jours comptés, [Gezählte Tage] par Tristan Hordé
 
 
REVUE(S)
The Black Herald – # 2 (L’Editorial de Paul Stubbs) et Nunc – # 25 (Dossier Marcel Jousse)
 
 
 

 

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Par Fabrice FARRE

Au seuil de la cabane

sur lequel je n’ai jamais posé

pied, l’ombre gagne, loin de la lune

du jour. J’aurais pu

porter ma propre ombre

sur les monticules

sillonner comme l’eau tout autour

des plants qui se sèment dans le ciel ;

je n’ai jamais été

cette ombre qui s’est vue remplacer

le pêcher de vigne, mais ce qui

fond en moi comme une couleur

qui court et ruisselle, c’est ce

que je me surprends à être, intime

en tout espace, toujours mieux que

moi-même.

 


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Par Fabrice FARRE

Qu’est-ce que je cherche

dans la ville lorsque je pense à elle

Les rues j’ai toujours voulu

les reconstruire les donner au

présent ou à ceux qui n’ont pas voulu

rester

 

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 Avec l'autorisation du peintre Pedro Rodriguez Garrido -  

 

 

 

Qué es lo que estoy buscando

en la ciudad cuando pienso en ella

Las calles siempre quise

construirlas otra vez darlas

al presente u a los que no quisieron

quedar

 

Con la autorización del pintor Pedro Rodriguez Garrido  

 

   

 

 


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Par Fabrice Farre, amateur et collectionneur de réalité.

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