" La grande ruse, c'est que les choses soient comme elles sont ".
Lorsque l’écrevisse montrait ses pinces
au bout de ta main, le jour faisait peur
L’enfance perdait son maillot à rayures
le mégot de l’homme épais sur sa chaise
glissait au fil de l’eau
Le déplacement jusqu’ici avait coûté
des heures et l’après-midi tintait
dans la couleur de la cendre. Dans l’air
moite séchaient les mots que j’aurais
pu dire, qui résonnent encore.
Extrait de Les chants sans voix, p.16.
Voici mon recueil de poésies, Les chants sans voix, aux Editions " Encres Vives ", 2012.
Le silence et le mot, l'un et l'autre sont à écouter. C'est un chant autobiographique, humain qui existe - dans la ville comme à l'intérieur de soi -
prêt à prendre chair ou à disparaître. En tout, vingt-deux textes, 16 pages, en format A4.
Pour vous procurer ce recueil, vous avez la possiblité de vous adresser à l'auteur, dans la rubrique contact à droite de cette page.
Ou bien l'éditeur, Michel Cosem, se fera un plaisir de prendre en compte votre demande à : ENCRES VIVES, 2 Allée des Allobroges - 31 770 COLOMIERS.
Prix : 6,10 € (hors port).
Merci.
Il n’est qu’une petite nuit
comme celle-ci tôt arrivée
qui puisse montrer
qui arrive par ces rues
creusées dans la pâte noire.
Des badauds de charbon, des
formes de bronze
clair, des silhouettes pressées
éclairées et passagères, et
ces lueurs intermittentes qui
montent en épingles partout
tandis que brûlent
les feux pâles des voitures
incertaines et monte cette silencieuse
habitude à croire que tout
est réel.
La fin d’une route conduit
toujours en dehors du monde.
Le ton de ta voix s’obscurcit,
nul ne nous sera d’aucun secours.
La rivière passe en contrebas,
nous ne la voyons pas. Elle emporte
nos paroles et l’espoir d’exister
est une tentative pour essayer de les rattraper.
Paru dans Les tas de mots, n°8, p.9, printemps 2012.
Le jour s’étire dans son peignoir
blanc de deux heures - je n’ose
croire que je suis vivant, pourtant je sens
son odeur, son samedi de deux sous,
ses cheveux humides contre la vitre
noire dès l’instant
où s’amorce un vol éclairé
d’oiseaux comme une lettre élastique
Ta voix seulement
les allées borgnes, les parcs
fixés au ciel, sur la terre
ta voix. La robe
des arbres blancs dans
le souvenir. Que fait
ce qui a pour habitude
de passer entre les branches
et d’ignorer
ta voix plus vaste
que ce modique point d’attente.
A Charles Bukowski
Je tâcherai de parler moins fort
- on m’entend du troisième étage – et
de garder mes remarques aigres
pour moi.
Dans ce salon bas vole une mouche
aussi peu libre que ma difficulté
à me taire.
C’est lorsqu’un coup de vent
percute l’insecte monstrueux
au-dessus de nos têtes et l’oblige
à s’échapper - dehors, il n’y a pas de murs –
que je ressens le besoin
de m’allonger davantage sur les banalités :
la pluie, le beau temps, les histoires
autour de ces gamins qui ont parlé à
leur camarade d’école en lui lançant
deux mouches rouges dans la chair de sa vie
prisonnière, un jour de vent immobile.
tu demeures comme
une voix persistante au-dessus
des genêts et la nuit se couche
et les passants, silhouettes frêles
et défaites comme au moment
où amorce l’automne, la chasse
lointaine à aimer et à imaginer
ce que l’autre pense, tu demeures
bien plus que le temps
mesuré, bien plus que l’avenir
de l’œil de l’horizon
qui s’empare de tout au risque
de ne se souvenir de rien
comme le fait le jour en s’annonçant.
La patience a une heure d’avance
ta main est dans ma main
dix petites collines à la barrière
fondent sur l’horizon grand
comme un mouchoir. Nous prenons
ainsi notre destin. En avance
sur le monde petit
qui s’agite nous nous retrouvons
et nous marchons moins vite
qu’au temps où il fallait courir
ralentis par une crise en sursaut
sur le terrain accidenté de nos
dix petites collines.
Il y avait autre chose, hors-cadre,
loin de ce carton que tu m’envoyais.
Peut-être l’avais-je entraperçu :
un poème dans l’arbre ou alors
un ciel entier dans le quotidien. Rien
ne tient s’il s’agit d’en faire le portrait.
Le compresseur ronflait sous
le toit du garage qui ne l’avait jamais
entendu. L’été faisait un bond
supplémentaire et les mains
ouvrières cherchaient la raison de
la crevaison. On coupait les arbres
au loin. Les chiens couraient derrière
les grilles. Le bruit dans ce soleil
plein, les aboiements inaudibles
l’air du compresseur dans les poumons
des pneus et du garage, l’affairement
et les questions tangibles, l’acharnement
à vouloir réanimer ce vingt-deux août
En contrebas les voix plus vives
voudraient porter les particules de lumières
voler comme des vivats de lucioles dans
ce jour italien dont la connaissance noire
me laisse entrevoir le visage
de la mère de ma mère la nuit. Sur la vaste
terrasse les branches me cachent et touchent
la place basse et bruyante. Quel est le vrai :
l’obscur ou la lumière.
Au seuil de la cabane
sur lequel je n’ai jamais posé
pied, l’ombre gagne, loin de la lune
du jour. J’aurais pu
porter ma propre ombre
sur les monticules
sillonner comme l’eau tout autour
des plants qui se sèment dans le ciel ;
je n’ai jamais été
cette ombre qui s’est vue remplacer
le pêcher de vigne, mais ce qui
fond en moi comme une couleur
qui court et ruisselle, c’est ce
que je me surprends à être, intime
en tout espace, toujours mieux que
moi-même.
Qu’est-ce que je cherche
dans la ville lorsque je pense à elle
Les rues j’ai toujours voulu
les reconstruire les donner au
présent ou à ceux qui n’ont pas voulu
rester
Avec l'autorisation du peintre Pedro Rodriguez Garrido -
Qué es lo que estoy buscando
en la ciudad cuando pienso en ella
Las calles siempre quise
construirlas otra vez darlas
al presente u a los que no quisieron
quedar
Con la autorización del pintor Pedro Rodriguez Garrido
RENDEZ-VOUS désormais, sur : http://lesmotsplusgrands.over-blog.com/
Les chants sans voix, éd.
Encres Vives.
Libelle, 234
Les tas de mots, 8
Microbe, 70
Décharge
Comme
en poésie
Traction-brabant
Friches
Microbe
Delirium Tremens
Sauf mention contraire.